La vigne rouge

Vitis vinifera L.

Vitaceae

La vigne pousse sous une forme sauvage, Vitis vinifera L. subsp. sylvestris, aussi appelée lambrusque. C’est une liane grimpante qui affectionne les forêts humides où elle peut se fixer sur des jeunes arbres et grandir avec eux car la vigne ne possède pas de crochets pour s’accrocher sur le tronc d’arbres déjà adultes. Sous cette forme, elle peut atteindre 30 m de long. Cette sous-espèce est devenue très rare en France en raison du défrichement ou du drainage des zones humides.

Cette vigne sauvage est le plus proche ancêtre de la vigne cultivée, Vitis vinifera subsp. Sativa. Issue d’une sélection culturale millénaire, cette vigne que l’on trouve aujourd’hui dans nos vignobles, est l’une des plus ancienne plante domestiquée par l’homme.

Les premiers vestiges de vin ont été découverts en Géorgie et datent de – 5000 av JC. Quant à la première représentation du procédé de vinification, on la trouve sur un bas-relief Egyptien datant de-2500 av JC. La technique de la vinification est passée des égyptiens aux grecs et aux romains, qui exportèrent la vigne dans tout le bassin méditerranéen.

En France, c’est en 600 av JC que les grecs implantent la vigne à Massalia, qui deviendra Marseille. D’abord cantonnée à la zone côtière, la culture de la vigne s’étend progressivement. Elle atteint la vallée du Rhône au Ier siècle,  la Bourgogne et le Bordelais au IIe siècle, puis la Vallée de la Loire au IIIe siècle et enfin la Champagne et la vallée de la Moselle au IVe siècle. La jarre en terre cuite est progressivement abandonnée pour le tonneau, inventé par les gaulois,  plus pratique pour la conservation et le transport du vin.

A partir du moyen Age, le souci d’améliorer la production devient constant, tant au niveau de la production que de la transformation, souvent par le fait de mesures politiques. En 800, Charlemagne rédige ainsi une ordonnance pour améliorer la qualité du vin : « Que nos intendants se chargent de nos vignes qui relèvent de leur ministère, et les fassent bien travailler, qu’ils mettent le vin dans une bonne vaisselle et qu’ils prennent toutes les précautions pour qu’il ne soit gâté d’aucune manière. »

Presque 1000 ans plus tard, en 1863, Napoléon III demande à Louis Pasteur de mener des recherches sur les maladies de la vigne et le processus de vinification : c’est la naissance de l’œnologie moderne. Au cours de ses recherches, Pasteur observe que le vin chauffé se conserve mieux, la technique de la pasteurisation est née.

En herboristerie, on utilise  la feuille de la vigne « rouge » qui fait référence à la coloration rouge-bordeaux que prennent les feuilles de certains cépages de vignes comme le teinturier du Cher, l’alicante Henri Bouschet ou le Gamay Fréaux. Ces cépages, qui donnent souvent des vins colorés mais sans finesse, sont en déclin. En France l’alicante n’occupe plus que 3826 hectares en 2011 contre 10 000 hectares en 2000, soit une diminution de plus de 60% en 10 ans. A titre d’exemple, le Merlot, qui est l’un des cépages les plus courants, couvre 114 015 hectares.

Si la phytothérapie n’emploie que les cépages teinturiers, c’est parce que les pigments sont responsables de l’activité bénéfique de la plante. Ces composées réduisent en effet la perméabilité des capillaires sanguins, améliorent leur résistance. Il en résulte une action veino-tonique, protectrice des vaisseaux sanguins et antiœdémateuse. C’est pourquoi la feuille de vigne rouge est utilisée dans les troubles de la circulation sanguine : jambes lourdes, varices, hémorroïdes.

Les principes actifs de la vigne, présents aussi dans le raisin et dans le vin, pourraient expliquer  en parti le « french paradoxe » : malgré une alimentation relativement riche, l’incidence des maladies cardiovasculaires chez les Français est deux fois moins importante que chez les Américains et quatre fois moins que chez les Anglais.

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