La violette

Viola odorata L.

Violaceae

Aux premiers jours de soleil, la violette odorante épanouit ses fleurs discrètes mais qui diffusent un parfum puissant et entêtant, au point d’embaumer l’air à plusieurs mètres. Parfum d’autant plus étonnant qu’il semble s’évanouir au bout de quelques respirations.
En effet, le parfum de cette (violette bloque rapidement les récepteurs du nez, qui ne transmettent alors plus aucune information. Pour ressentir à nouveau la violette, il faut s’en écarter puis y revenir !

Les violettes appartiennent au genre Viola, qui comprend aussi les pensées, comme la pensée sauvage, Viola tricolor. Pour différencier pensées et violettes, il faut regarder leurs fleurs de près : quatre pétales dressés pour les premières, deux pour les dernières. La couleur n’est pas suffisante, il existe des violettes jaunes et des pensées violettes !

Pour l’herboristerie et la parfumerie, on récolte la fleur de Viola odorata, la violette odorante. Elle se distingue des autres violettes sauvages (violette des chiens, violette hérissée …) par ses fleurs assez grandes et sa croissance en colonies, mais surtout, pas son puissant parfum.
Cette plante intéresse aussi … les fourmis qui sont attirées par une partie charnue attachée à la graine (l’élaiosome). Elles emmènent leur butin vers la fourmilière puis se débarrasse des graines proprement dites qui se sont ainsi déplacées de plusieurs mètres à dos de fourmi. Ce mécanisme original de dissémination est appelé myrmécochorie.

La fleur de violette est connue depuis le moyen-âge et fait partie des espèces pectorales* avec le bouillon blanc, le coquelicot, la guimauve, la mauve, le pied de chat et le tussilage (voir plante du mois de février). Elle entre dans la composition des mélanges pour la toux, la bronchite, la grippe … La violette est aussi anti-inflammatoire, et peut être ajoutée dans des préparations pour les douleurs articulaires, les rhumatismes ou encore les maux de tête. Elle contient d’ailleurs le même principe actif que l’écorce de saule, le salicylate de méthyl.
Attention : à forte dose la violette provoque nausées et vomissements.
La violette est aussi connue en parfumerie et en confiserie. C’est une spécialité de Toulouse, où un soldat de Napoléon III de retour d’Italie aurait ramené à sa bien-aimée une variété particulière de violette, la violette de Parme, à larges fleurs doubles et très parfumées.
Cette fleur est devenue l’emblème de la ville et elle est déclinée sous toutes ces formes : parfums, savons, bonbons, liqueurs …Il y a eu jusqu’à 600 producteurs dans la région, qui vendaient dans toute l’Europe avant une quasi disparition dans les années 80. L’activité connait actuellement un certain renouveau, souhaitons à la violette de Toulouse de retrouver sa renommée.

Violettes au sucre

Voici une recette pour réaliser de véritables violettes au sucre :Mélanger dans un bol du sucre et des fleurs de violettes fraiches (sans le pédoncule)Retirer les violettes au bout de 48h, vous obtenez un sucre aromatiséPrendre d’autres fleurs de violettes fraiches et passer du blanc d’œuf au pinceau
Rouler délicatement dans le sucre aromatisé
Placer sur un papier de cuisson et enfourner à 70°, porte entre-ouverte
Surveiller attentivement : lorsque les fleurs sont croquantes, sortir du four
Laisser refroidir et placer dans un bocal bien fermé
Le goût est beaucoup plus subtil que la violette cristallisée de confiserie, dont le sucre est aromatisé artificiellement

*bénéfiques aux affections des bronches et des poumons

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