Le grenadier

Punica granatum L.

Lythraceae

Le grenadier est originaire d’Iran et d’Afghanistan. De cette région, il aurait été disséminé jusqu’au Maghreb par les nomades arabes car son fruit à l’écorce épaisse se conserve longtemps et se transporte facilement. De plus, la pulpe gorgée d’eau permet d’étancher la soif lors des traversées dans le désert.

Les fouilles archéologiques indiquent que la grenade est consommée depuis plus de 4000 ans. En Egypte, elle apparait dans les bas-reliefs du jardin de Thoutmosis, dans le temple Akhmenou de Karnak, daté de 1450 av JC.. Elle symbolise la fécondité et la richesse en raison de ses nombreuses graines.

Son introduction en Europe s’est effectuée en plusieurs temps. Au IIème siècle, les romains la ramènent en Italie après leur victoire contre les carthaginois dans les guerres dites puniques (terme désignant les colonies phéniciennes et en particulier Carthage, actuellement en Tunisie). Ils la nomment Malus punicum, la pomme de Carthage.
Puis au VIIème siècle, les maures l’introduisent en Espagne lors de la conquête de ce territoire. La cité d’Elvira, située à l’extrémité sud de l’Espagne, est renommée par les Maures « Garnat al Yahud », la Grenade des Juifs.

La grenade a marqué de nombreuses civilisations et apparait dans différentes mythologies. De plus, certaines références antiques à la pomme seraient en fait à rapporter à la grenade, comme la pomme de discorde offerte à Vénus par Paris ou le fruit défendu du paradis donné par Eve à Adam.

L’utilisation de la grenade en médecine est très ancienne. L’écorce du tronc et des racines possède des propriétés anthelminthiques (contre les vers) et elle était employée comme vermifuge pour traiter le tænia. Bien que réputée efficace, l’écorce de grenadier est progressivement abandonnée en raison de sa toxicité sur l’homme et elle disparait de la pharmacopée française en 1910.
A l’inverse, le jus du fruit connait un regain d’usage très important. Il était déjà connu d’Hippocrate comme « fortifiant contre la maladie » et des études modernes ont mis en évidence des propriété antioxydantes et antifatigue qui en font aujourd’hui la « star » des jus de fruits.
Le jus de grenade est un cocktail de vitamines, C et B, de minéraux et d’oligoéléments tels que le potassium, le phosphore, le calcium, le magnésium, le fer, le zinc et le cuivre.

Enfin, l’écorce du fruit, très astringente, a été employée en médecine populaire contre les diarrhées et comme hémostatique sur les plaies. Une peau de grenade placée sur une petite plaie bloque rapidement le saignement et favorise la cicatrisation.

Comme pour la pomme, il existe de nombreuses variétés, aux couleurs et aux gouts très différents : peau jaune à rouge, grains roses à rouge intense, sucrés ou acidulés. Il existe aussi des variétés « à fleurs » sélectionnées pour leur floraison et qui ne donnent pas de fruits.

Recette du véritable sirop de grenadine

Pour cette recette, choisissez des grenades à grains bien rouges et légèrement acidulés, comme la « cagin » d’Espagne.

Couper quatre grenades et récupérer les grains.
Éliminer les débris de peau blanche des cloisons, qui donneraient un goût amer.
Ajouter un jus de citron.
Presser les grains pour en extraire le jus.
Filtrer.
Peser le jus et ajouter le poids de sucre
Faire cuire le mélange jusqu’à frémissement
Verser dans une bouteille

Ce sirop se conserve environ 15 j au réfrigérateur.

Grenade, Punica Granatum L.
Grenadier, Punica granatum
Bas-relief du jardin botanique de Thoutmosis III
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