Oui, l’agriculture biologique peut nourrir la planète

Jacques Caplat, agronome et fils d’agriculteur, publie une tribune dans Rue89, où il démontre à quel point les comparaisons de rendements entre agriculture conventionnelle et biologique sont biaisées. La plupart des études portent sur le blé, la culture la plus défavorable à l’agriculture biologique. En outre, les comparaisons, menées quasi systématiquement en milieu tempéré, sont très réductrices, comparant des parcelles plantées avec une même variété, avec et sans chimie. « La plupart des agronomes, par incompréhension ou négligence, semblent croire sincèrement que l’agriculture biologique serait « la même chose moins la chimie », comme s’il existait une seule voie agronomique, comme si les techniques actuelles étaient les seules possibles », dénonce le chercheur. Selon lui, les productions bio européennes et canadiennes obtiennent certes des rendements légèrement inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Mais « cela est inévitable, puisque l’agriculture bio de nos pays est soumise à des distorsions considérables : règlementations sur les semences qui obligent à utiliser des variétés standardisées et sélectionnées pour la chimie, faibles connaissances en matière de cultures associées et d’utilisation des arbres en agriculture, fiscalité construite depuis 70 ans pour faire peser les contributions sociales sur le travail (et donc défavoriser le travail au profit du pétrole), etc., estime Jacques Caplat, avant de conclure : Le mythe des rendements bio insuffisants pour nourrir le monde est ainsi le résultat combiné d’une erreur méthodologique monumentale, d’un ethnocentrisme occidental et de politiques publiques qui entravent les pratiques biologiques. Il est temps de relever notre regard et d’avancer ».
Jacques Caplat, Rue89, 11 mai 2015

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