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Le fumier : l’or noir du producteur

Nourrir le sol, l’enrichir, le préserver, le respecter. Telle est l’une de nos priorités au quotidien. La clé ? Produire un bon compost. À l’Herbier, rien ne se perd et tout se transforme. Tous nos déchets végétaux sont récupérés. Une fois compostés, nous en tirons environ 40 tonnes de compost par an. (Re)Lisez notre article à ce sujet. Mais cela ne suffit pas. Tous les ans, nous aurions besoin de répandre plus de 100 tonnes de compost sur nos terres. L’intégration de la partie élevage à notre exploitation agricole a été motivée par la volonté d’être plus autonomes sur la fertilisation des parcelles des plantes. D’un côté il est difficile de trouver du fumier dans notre région, de l’autre, le produire nous permet de contrôler pleinement sa qualité.

Depuis quelques années déjà, notre troupeau compte une vingtaine de génisses. Le fumier qui en est issu est le fruit du mélange composté de bouses de vache et de paille de litière. Une fois mature, nous en récupérons environ 50 tonnes.

Comment produire un bon compost ?

Le fumier est sorti de l’étable deux fois par an :  une fois en milieu d’hiver (janvier) et une fois lorsque les vaches sont retournées au pré (à partir de mi-avril). Ce fumier est disposé dans un champ bien plat et suffisamment éloigné des cours d’eau (pour éviter que les effluents ne les contaminent).

L’épandeur aère une première fois le compost et forme un andain dans lequel les matières vont commencer le processus d’hygiénisation.En une à deux semaines, la température idéale doit se situer autour de 70°C. Si celle-ci ne monte pas, il est nécessaire d’arroser le tas afin de rajouter de l’humidité. Aussi, il est indispensable que le tas de fumier atteigne un certain volume : au moins 1m de haut sur 2m de large. Cette montée en température inhibe la germination des graines d’adventices et élimine la plupart des pathogènes qui pourraient épandre des maladies dans les champs. L’enjeu est d’arriver à enrichir le sol sans apporter un stock de mauvaises herbes qui s’implante durablement (nous pouvons en témoigner sur l’une de nos parcelles… 😏).

Une fois que la bonne température est atteinte, nous le faisons retourner. Ainsi, toutes les matières (y compris extérieures) monteront au moins une fois en température. (Cela nous est arrivé de ne pas le retourner : nous avons vu la différence !!!). Cette phase de retournement est également importante pour aider les micro-organismes à travailler la matière et la décomposer.Un tas de fumier est composté au bout de deux mois. Il est aussi possible de le laisser maturer au moins 6 mois afin d’obtenir un compost mûr. Ce sont alors deux produits de composition et d’utilisation différentes :

  • Le compost jeune a un effet direct sur la plante. Il la booste tel un engrais tout en apportant des matières qui contribuent à enrichir le sol.
  • Le compost mûr (ou âgé) améliore la structure et la qualité du sol sur le long terme. Les matières vont pouvoir doucement se libérer dans le sol pour être assimilables par les plantes.

De notre côté, nous utilisons les deux sortes afin d’agir sur le sol et sur la plante.

Le compost en biodynamie

Le principe même de la biodynamie est de considérer la Terre comme un organisme vivant. L’importance du compost et d’un bon processus de compostage tient une place essentielle dans cette technique. Pour apporter les meilleures conditions aux macro et micro-organismes responsables du compostage, nous insérons lors de la première montée en température, un préparat à base de six plantes différentes dans le compost : une préparation est pulvérisée et cinq autres sont incorporées directement.

Le mélange avec le compost de l’Herbier

Au moment de la création de l’andain, une partie du fumier fraîchement sorti de l’étable est mélangé aux déchets organiques de l’Herbier (tiges, feuilles, poudres). Après la première montée en température, nous faisons venir un « retourneur aérateur composteur d’andain », une machine très volumineuse, achetée par plusieurs agriculteurs.

L’épandage

Une fois mâture, tout notre compost est épandu sur nos parcelles à l’automne et à la sortie de l’hiver.