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L’ortie

L’ortie

Urtica dioica L.

Urticaceae

Il existe trois espèces d’ortie en France

  • l’ortie dioïque, Urtica dioica L., la plus commune.
  • l’ortie brûlante, Urtica urens L., aux feuilles aussi larges que longues et aux inflorescences simples et non ramifiées.
  • l’ortie à pilules, Urtica pilulifera L., aux fruits remarquables, semblables à de petits oursins.

Quant à l’ortie blanche, ce n’est pas une véritable ortie mais un lamier, Lamium album L.

L’ortie dioïque est la plus employée. C’est la « mauvaise herbe » par excellence, invasive, venant là où elle veut et couverte de poils urticants. Victor Hugo écrit dans ses contemplations : « J’aime l’araignée, j’aime l’ortie, parce qu’on les hait »
C’est pourtant une plante sauvage aux multiples vertus, considérée comme les herboristes comme l’ « or vert » !
La feuille de l’ortie est riche en protéine, près de 40% en poids sec, soit plus que le soja ou la viande. De plus, les protéines de l’ortie contiennent 18 des 20 acides aminés existants dont les 8 essentiels pour l’homme.

Fraiche, l’ortie contient également de nombreuses vitamines : C, E, B, provitamines A. C’est le légume vert le plus riche en vitamine C.

Et pour les minéraux ? 100g d’ortie couvrent nos besoins en calcium, fer, magnésium, manganèse et potassium et apporte une part non négligeable du cuivre, zinc et phosphore.

L’ortie est donc un super-aliment voire un alicament (un aliment qui soigne), qui convient pour tous, en particulier en cas de fatigue, chez le végétarien, chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’adolescent, ou en suite de convalescence. L’ortie est aussi employée en médecine vétérinaire, comme apport de minéraux pour les animaux en fin de gestation ou en lactation.

Les propriétés de l’ortie sont nombreuses et des recherches modernes mettent encore à jours de nouvelles vertus, dont voici les principales. Les feuilles sont diurétiques, dépuratives, anti-inflammatoires et reminéralisantes. Elles s’utilisent en particulier en cas de fatigue,  de douleurs articulaires et de rhumatismes. Elles favorisent également la production de lait maternel et peuvent s’ajouter à une tisane de fenouil et d’aneth pour soutenir l’allaitement. Elles sont aussi antiallergiques et peuvent constituer un traitement de fond de la rhinite allergique ou de l’eczéma.

En usage externe, les feuilles macérées dans le vinaigre fortifient le cuir chevelu et les cheveux (une cuillère à soupe dans l’eau de rinçage).
Les racines ont des propriétés différentes : elles combattent l’inflammation de la prostate et soulagent les troubles urinaires.

Manger les orties fraiches

Pour profiter au maximum des vertus de l’ortie, pourquoi ne pas la consommer fraiche ? Mais encore faut-il éviter les douloureuses piqures …
Comment ? Avec un peu de botanique, de biologie végétale et de chimie !

Les poils urticants de l’ortie sont situés sur le dessus des feuilles et la tige. Il suffit de prendre la feuille par le dessous en la pliant en son centre pour éviter les piqures. Ça c’est pour la biologie.
Maintenant la chimie. Les aiguilles urticantes de l’ortie sont cassantes et contiennent des acides volatiles qui se libèrent ainsi par simple frôlement de la feuille. Pour les éliminer rien de plus simple : il suffit de rouler la feuille pendant deux minutes et les voici évaporé. Il suffit alors de placer la feuille dans la bouche en évitant le contact avec les lèvres … et de la manger !