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Le génépi

Le génépi jaune

Artemisia umbelliformis L.

Compositae

Sous le nom de génépi se regroupent plusieurs espèces botaniques : le génépi noir, Artemisia genepi Weber, le génépi laineux, Artemisia eriantha Ten, le génépi des glaciers, Artemisia glacialis L. ou encore le génépi jaune, Artemisia umbelliformis Lam. C’est ce dernier qui est le plus commun et que nous allons vous présenter.

Le génépi jaune est une plante vivace aromatique de petite taille, 5 à 20 cm, au feuillage grisâtre et laineux, ce qui le protège du froid comme des U.V. d’altitude. Ses fleurs jaunâtres sont minuscules et apparaissent pendant l’été. Ce sont les hampes florales qui constituent les fameux « brins » de génépi.

Le génépi est le symbole même de la flore de montagne, poussant dans les hautes altitudes et souvent dans des sites peu accessibles : falaises, crêtes rocheuses. Il peut s’observer jusqu’à 3200 mètres d’altitude et supporte plusieurs mètres de neige pendant l’hiver.

Tous les génépis entrent dans la composition de liqueurs ou d’apéritifs et les recettes sont nombreuses dont la plus célèbre, et secrète, est celle des pères Chartreux.

Le génépi est aujourd’hui devenu l’une des plantes les plus célèbres des Alpes et il est décliné sous toutes ses formes : bonbons, gâteaux, sirops, fromages, bières …

Mais c’est aussi une plante médicinale, qui fait partie intégrante de la pharmacopée traditionnelle de montagne.

C’est un « guérit-tout » employé comme tonique, digestif et fébrifuge, un bon remède pour les coups de froids ! Les montagnards s’en servent aussi contre le mal de l’altitude.
Il est aussi employé traditionnellement pour provoquer les règles (emménagogue) ou réguler le flux menstruel.
En plus de ces propriétés médicinales, il bénéficie d’une aura de rareté, d’inaccessibilité et de résistance, ce qui en fait une plante très estimée dans toutes les Alpes.

Il a même la réputation d’être aphrodisiaque et un dicton savoyard en témoigne : «  le génépi fait du bien à madame quand monsieur en boit. »

Attention, la plante contient de la thuyone, principe actif toxique présent dans d’autres plantes du genre Artemisia, comme l’absinthe par exemple. La thuyone est dangereuse pour le système nerveux et le génépi ne doit pas être utilisé chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante.

Très recherché et à faible production, le génépi a beaucoup souffert de la cueillette. Dans certaines régions, il a régressé ou même disparu. Un seul récolteur guère consciencieux peut détruire une station toute entière en récoltant tous les plants ou en les arrachant! Dans beaucoup de départements français, la cueillette est désormais réglementée (une poignée hors parties souterraines par personne) ou interdite. Il faut prendre garde de ne pas déraciner la plante en tirant sur les brins, il est préférable de récolter aux ciseaux. Il est bien sûr interdit de ramasser du génépi au sein des parcs nationaux et des réserves naturelles.

Fort heureusement, la culture du génépi a pu être maitrisée et l’essentiel du génépi utilisé aujourd’hui n’est plus récolté dans la nature. Les « champs » sont situés en montagne (plus de 2000 m), dans des conditions qui permettent au génépi de conserver ses propriétés et la richesse de ses arômes. L’Herbier du Diois est sensibilisé à la sauvegarde des ressources naturelles de notre flore et nous ne proposons que du génépi de culture biologique, produit dans les Alpes françaises.

Et bien sûr pour compléter cette fiche du mois, la recette de la liqueur de génépi !

Liqueur de génépi (recette des « 40 »)

Laissez macérer 40 brins de génépi dans un litre d’alcool à 40°.
Au bout de 40 jours, filtrez.
Ajoutez 40 morceaux de sucre (au minimum 20 pour un résultat moins liquoreux).
Laisser reposer. Plus le génépi vieillit, plus son arôme est riche.

Le génépi jaune est présent dans les collections du jardin de l’Herbier du Diois : l’occasion de l’observer facilement et sans risque !